L'aube d'un jour sinistre a blanchi les hauteurs.
Le camp s'éveille. En bas roule et gronde le fleuve
Où l'escadron des archers légers s'abreuve.
Partout sonne l'appel clair des buccinateurs.
Car malgré Khirnoz, les menaces et les pleurs,
Les torrents débordés, et qu'il vente et qu'il pleuve,
Eymerod le second, empli d'une rage neuve,
A fait lever la hache et marcher les licteurs.
Rougissant le ciel noir de flamboîments lugubres,
A l'horizon, brûlaient les villages insalubres ;
On entendait au loin sonner un olifant.
Sur l'ordre du souverain de Lyoness, plus d'un millier d'hommes ont franchis la frontière du Kal Shaïtarak. La majeure partie de leur opposants ayant préféré se réfugier en Zauhuruk'Haï, le régiment gobelin qui tenait la province a été, sans surprise, balayé. De la province naine de Karak Ungdrin, les rumeurs semblent en revanche beaucoup plus sombres.
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Eymerod le Second, Roi de Lyoness et Exarque de Bjarnheim
Vassal, ton âme est neuve,
Je riais, je faisais une épreuve.
Sans m'arrêter et sans me reposer, je puis
Combattre quatre jours encore, et quatre nuits.